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I. INTRODUCTION

Fayence, 1914, un gros village de 1422 habitants au recensement de 1906, qui subit comme d’autres l’exode rural (350 habitants perdus en 20 ans) et le vieillissement de sa population ; on compte en 1906 27 décès et 14 naissances.

 

A travers des documents retrouvés essentiellement dans les archives familiales, paroissiales et dans les documents militaires, nous avons tenté de montrer comment fut vécue la Grande Guerre, certes loin du front, mais pesant lourdement sur chaque famille.

 

 

Armand Martel, Marie Martel, Jean-Baptiste et Marceline Martel

 

I. I DES ESPRITS PRÉPARÉS Á LA GUERRE

 

L’école gratuite et obligatoire depuis 1881, joue un rôle important dans la diffusion des idées patriotiques.

On apprend aux enfants la France, son Histoire, (manuel de Lavisse, Tour de France par deux enfants), sa géographie y compris militaire, le souvenir des provinces perdues.

               Ecole de garçons 1893: classe de Monsieur Lambert

 

 

Le service militaire

Il joue un rôle essentiel dans la vie des jeunes hommes qui doivent, depuis 1872 et selon des modalités qui ont évolué, le service militaire personnel.  Dans les années qui précèdent la Guerre deux lois militaires ont modifié le recrutement. La loi de 1905 réduit de trois à deux ans la durée du service et supprime le tirage au sort qui, jusque là déterminait « les bons numéros » qui n’effectuaient qu’un an de service et les  « mauvais numéros » qui restaient trois ans sous les drapeaux.

A gauche, Jean-Baptiste Martel: service militaire de Carpiagne  

Devant la montée des périls internationaux et la faiblesse démographique de la France, la loi de 1913 porte la durée du service militaire à trois ans pour tous et à onze ans dans la réserve.

De nombreuses photos montrent l’importance que revêtait le service militaire que les jeunes Fayençois exécutaient le plus souvent au camp de Carpiagne, près de Marseille s’ils étaient dans l’infanterie, ou   dans l’arrière-pays niçois (Peira-Cava) pour ceux qui servaient dans les chasseurs alpins. Sur les photos de groupe figure souvent une petite ardoise avec un nombre, celui des jours qui restent avant « la quille » (la fin du service)

Le conseil de révision cantonal est le moment où s’effectue le recrutement Il est présidé par le préfet ou son délégué, en présence d’un médecin militaire et détermine si le conscrit est « bon pour le service armé ».

Comme on peut le voir sur les fiches établies pour les Morts pour la France, les critères physiques sont essentiels : taille, absence de malformation ou d’affection grave ; est aussi pris en compte le niveau d’instruction qui a progressé grâce à l’école gratuite et obligatoire depuis 1881.

 

Un document montre les conscrits avec leur cocarde blanche, avant que ne commence le charivari qui les emmène fêter bruyamment l’événement à travers le village.

Il faut noter que certains de ces soldats étaient nés de parents italiens, voire italiens eux-mêmes. A partir de 1889 tout enfant né en France est Français (droit du sol), et les besoins de l’armée ont rendu très facile la naturalisation de ceux qui étaient de nationalité étrangère mais vivaient sur le sol français.

La presse : L’almanach Hachette de 1914, destiné à une lecture familiale, accorde une grande place aux questions internationales et aux problèmes de défense, mettant en avant à la fois la faiblesse démographique de la France et son solide réseau d’alliances.

« Les armements des Allemands et l’augmentation de leurs effectifs ont contraint le gouvernement à demander le rétablissement de la loi de trois ans sans dispenses. Les Allemands auront encore 140 000 hommes de plus que pourra nous en donner la loi de trois ans. »

 

 

 

                                           

 

 

Les Collections de l'histoire No 21

 

Les armées françaises et allemandes

 I. II LES COMBATTANTS

Un lieu, la gare : la ligne de chemin de fer a été ouverte en 1890 et c’est de la gare que vont partir les jeunes gens mobilisés pour rejoindre Draguignan d’abord, puis leurs régiments. Les cartes montrent le rôle essentiel du train pour acheminer les troupes sur le front.

Morts pour la patrie 

Cette partie de l’exposition, point de départ de notre travail, est consacrée aux 46 soldats tombés sur le front, décédés des suites de leurs blessures ou d’une maladie contractée au front.

L’écran interactif permet de retrouver le parcours de ces jeunes hommes à travers les documents collectés dans les Archives du ministère de la Défense, dans les archives départementales ou paroissiales. Pour certains d’entre eux, souvent mariés et pères de famille au moment de leur décès, nous avons pu retrouver et exposer quelques documents personnels, mais la majorité d’entre eux a disparu sans descendance et leur souvenir s’est un peu estompé.

 

Des cartes d’état-major de l’époque permettent de retrouver les lieux où ces soldats sont tombés et d’observer combien l’année 14 fut meurtrière (stratégie héritée des guerres anciennes et peu adaptée à l’efficacité des armements nouveaux, uniforme trop voyant, absence de casque, volonté allemande de « saigner à blanc l’armée française » qui disposait de moins de réserves que l’armée allemande). On a également retracé le parcours du 7e Bataillon de Chasseurs Alpins qui fut particulièrement éprouvé tout au long du conflit.

Sur le front Cette partie de l’exposition est constituée d’archives familiales, photos, documents militaires divers (livrets, citations, décorations), cartes postales, lettres et nous permet ainsi de mieux réaliser ce qu’a été la vie des soldats pendant les quatre longues années du conflit

Photographies et courrier : la carte postale et la carte de correspondance de l’armée sont le meilleur moyen de conserver le contact avec ses proches et on peut lire à travers les correspondances la place essentielle que tient le courrier pour les hommes au front. Souvent ces cartes postales sont des photographies du soldat, faites en studio, ou plus rarement, sur le front. La correspondance est souvent écrite au crayon pour pouvoir passer à travers la censure. Il faut noter combien ces cartes sont à la fois rassurantes (il ne faut pas inquiéter trop les familles) et traduisent la dureté de la vie quotidienne (importance des colis de nourriture ou de vêtements chauds que les soldats attendent avec impatience)

 


  

            

 

 

En embuscade

 

A la conquête de l'Alsace

L’armement et les combats : L’exposition présente quelques pièces de l’équipement du soldat, des baïonnettes, une grenade, un texte qui décrit «  le barda ». Des références fréquentes dans la correspondance à l’enfer de la boue et du froid qui surprend beaucoup les soldats venus du Midi.

Une série de cartes postales et quelques photographies illustrent les cantonnements, les tranchées et les temps de repos.

Le service de santé : Assuré par des médecins militaires et des infirmiers et brancardiers qui sont à la fois sur le front (certains ont été blessés ou gazés) et dans les structures de l’arrière : ambulances, à Bussang dans les Vosges par exemple, pour les premiers secours, hôpitaux militaires proches du front et hôpitaux de l’arrière à Toulon, Bordeaux ou Saint Brieuc.

Des aumôniers assurent des services religieux, souvent dans des lieux de culte improvisés. Il faut noter que les principaux cultes étaient représentés.

Prisonniers de guerre : Il y a eu 520 579 Français prisonniers en Allemagne et nous avons deux témoignages de cet internement qui ne fut pas toujours facile, car les conditions matérielles se sont très vite dégradées, en même temps que la situation devenait de plus en plus dure pour la population allemande soumise au blocus. Certains prisonniers, comme René Eiclier furent transférés en Suisse pour des raisons sanitaires.

 I. III LA VIE À L’ARRIÈRE

Crise démographique  Les registres paroissiaux nous montrent l’effondrement du nombre des mariages dès la fin avril 1914 (on ne se marie pas au mois de mai, mois de Marie, puis la guerre va éclater), aucun mariage en 1915, un veuf qui se remarie en 1916, deux mariages en 1917, dont un soldat amputé d’une jambe, et un ralentissement du nombre des baptêmes (quatre baptêmes en 1917)

Dès la fin 1914 douze jeunes Fayençois sont morts au combat.

Mobilisation des civils, en particulier les femmes qui doivent remplacer les hommes partis au combat ; jeunes filles occupées à faire de la charpie pour les blessés ; angoisse lorsque les nouvelles se font rares. La mobilisation est aussi financière avec les emprunts de la Défense Nationale

Les réfugiés Plus de 500 000 civils ont fui les régions occupées et se sont retrouvés dispersés dans les régions éloignées du front souvent dans des conditions matérielles difficiles. Nous avons pu retrouver deux de ces familles des environs de Verdun dont les parents furent accueillis à Fayence et dont on retrouve la trace par exemple dans les registres de la paroisse.

 

 

   

 

 

 

 

   

 

Communion de Paul Enard 1917 (famille réfugiée à Fayence)

 

Ecole 1917

 

Filles du village avec le curé Nègre au fond à droite

La vie au village

L’absence des hommes conduit les femmes à assumer l’essentiel des tâches agricoles, avec l’aide des plus âgés et la production s’en ressent. 

L’école continue à former les jeunes enfants avec souvent des instituteurs trop âgés pour aller au front et participant ainsi à l’effort national.

 

 

   

 

 

   

 

 

Cueillette du jasmin

 

Ecole 1906 1908

 

Famille Fontaine

I. IV LA LONGUE MÉMOIRE DU CONFLIT 

L’armistice : Signé entre la France et l’Allemagne le 11 novembre 1918, il met fin aux combats et est accompagné d’une immense joie populaire après tant d’années de souffrances.

Mais la démobilisation s’étale sur plusieurs mois, voire plusieurs années : occupation de l’Allemagne, poursuite des combats en Turquie et au Moyen-Orient.

Les ruines : La guerre n’a pas touché Fayence, mais de très nombreuses cartes postales diffusent les images des destructions occasionnées par les combats, en particulier dans certains lieux symboliques comme Verdun ou Ypres et renforcent l’idée de la « barbarie teutonne »

 

   

 

11 novembre 1918

 

Monument aux morts

Les Anciens Combattants : On peut noter sur les dossiers individuels que pour un certain nombre de combattants les souffrances et les blessures contractées sur le front ont entrainé une mort prématurée dans les années qui ont suivi la guerre.

Beaucoup de ces hommes portent aussi les séquelles de leurs blessures (Monsieur Robert, longtemps secrétaire de mairie, amputé d’une jambe) ou de l’intoxication par les gaz.

Ils deviennent un élément essentiel de la société d’après-guerre.

Les monuments aux morts : Une loi de 1920 octroie aux communes une subvention d’Etat pour l’érection d’un monument aux Morts. Le monument aux Morts de la place Léon Roux fut inauguré en 1924 et il rassemble le 11 novembre les cérémonies commémoratives de la guerre auxquelles assistent, nombreux jusqu’aux années 1960 les anciens combattants et les veuves de guerre. 

En 1922 a été érigé grâce à un don de Madame Léonard Gait, née Marie Bonhomme, un monument au cimetière de la Roque sur lequel figurent les noms des soldats dont les corps furent rapatriés à Fayence.

 

                                     BILAN DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

 

                      

Pays 

Mobilisés

Morts et disparus

Blessés 

 

Prisonniers

 

 

France

7 891 000 

1 375 000

4 266 000        

537 000

 

Allemagne

13 200 000

2 033 700

4 216 058

1 152 800

 

Total Alliés

48 201 467

5 380 115

12 830 704

3 984 165

 

TOTAL

73 799 467

9 405 315

21 219 152

7 613 945